Les Amis de Zarafa

Zarafa dans Tintin

30 novembre 2012

Dès 1963, dans le magazine « Tintin ».

Merci à Bruno Gruel !

Zarafa à Hollywood ?

19 novembre 2012

J’apprends le même jour, 7 novembre 2012,  qu’Obama est réélu et « Zarafa » présélectionné pour les Oscars 2013 ! C’est déjà Noël ou bien ?

Certes, pour le dessin animé aux 1,4 millions d’entrée en France, ce ne sont que les primaires… Rendez-vous le 10 janvier pour savoir si notre brave girafe poursuit son infatigable périple jusqu’à Hollywood.

Ambassadeur

19 novembre 2012

Les Avatars en arabe ?

19 novembre 2012

Le 22 mai 2012, le Dr Fouly, gouverneur d’Alexandrie, me reçoit en son palais pour entendre l’histoire fabuleuse de Zarafa. Enthousiaste, il me fait part de son intention de faire traduire et publier l’ouvrage en Egypte… C’était juste avant l’arrivée au pouvoir du gouvernement islamiste.

Retour à Alexandrie

19 novembre 2012

Du 18 au 28 mai 2012, j’ai connu le bonheur d’être invité à Alexandrie pour trois conférences zarafiques dans ce port même d’où Zarafa s’embarqua pour la France, en septembre 1826 ! Cet honneur insigne me fut octroyé par le grand archéologue alexandrin Jean-Yves EMPEREUR, fan invétéré de Zarafa, en collaboration avec Tatiana WEBER, directrice de l’Institut français d’Alexandrie, et Catherine ROY, enseignante du Lycée français d’Alexandrie. Imaginez mon bonheur de « restituer » à l’Egypte cette mémoire de girafe… aussi longue que celle d’un éléphant en l’occurrence. Fascination aussi de découvrir cette ville créée par Alexandre le Conquérant, véritable mille-feuille historique où toutes les strates demeurent visibles à qui sait regarder. Et émerveillement de découvrir la Bibliotheca Alexandrina, qui vient de fêter ses 10 ans d’existence, et déploie sur son parvis ce petit caravansérail de girafes.

le dessin animé !

15 janvier 2012

La première girafe qui ait jamais posé sabot sur terre de France nous parvint en 1826, cadeau du Pacha d’Egypte au roi Charles X. M’intéressant depuis 2004 aux multiples tenants et aboutissants de cette anecdote animalière, j’ai appris qu’on pouvait la raconter de mille et une façons, selon les angles et les publics. C’est l’histoire d’un enjeu diplomatique dans un contexte international troublé (guerre d’indépendance grecque contre l’Empire ottoman, dont l’Egypte est à l’époque le vassal), mais encore d’un objet d’étude scientifique heurtant les dogmes religieux (débat français sur l’évolution des espèces, trente ans avant le Darwinisme), mais aussi d’une merveille exotique flattant l’égo d’un roi détesté (réactionnaire, cléricaliste et  chassé du trône par les Trois Glorieuses de 1830), d’un élégant motif de caricature (sujet des plus vifs pamphlets contre un régime qui a restauré la censure de la presse), d’un sujet artistique, rapidement exploité comme support commercial lucratif (premier exemple d’un merchandising animalier), et même de l’ardente curiosité d’un peuple en pleine vague orientaliste. Quelle que fût l’instrumentalisation, il faut bien parler d’une girafomania dans ce premier quart du XIXe siècle.

Les réalisateurs Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie, les coscénaristes et le producteur Prima Linea ont choisi de présenter « Zarafa » aux jeunes spectateurs, sous la forme d’un conte. Sous l’arbre à palabres, devant un parterre d’enfants fascinés, le doyen du village déroule un récit d’aventures, plein de surprises et de rebondissements, avec son lot d’émotions, de peur, de joie et d’excitation. Comme toutes les histoires de tradition orale, celle du jeune Maki et de son girafon d’infortune mêle véracité et merveilleux, burlesque et réalisme. Dans l’adversité, le petit Africain démontre le courage intransigeant d’Oliver Twist et l’optimisme entêté de Rémi « Sans famille ». Et la girafe orpheline sera bien plus qu’une mascotte muette et attendrissante. Comme tout bon conte, il apporte une conclusion contrastée. Semé d’embûches, le voyage de l’Afrique à la France et retour est un parcours initiatique où il faut savoir perdre – des proches, des illusions – et gagner – un amour, un avenir.

Entre l’histoire authentique que j’arpente sans lassitude et la fable enfantine (et non infantile) que je découvre ici, les écarts sont certes nombreux. Tout y est, ou presque, de la vraie Zarafa mais dans un ordre aléatoire et fantaisiste. L’historien-conférencier oublie un temps ses archives pour se laisser envoûter par les charmes du conte. Quelques années avant les débuts de « notre » girafe, Samuel T. Coleridge s’accordait semblable privilège en adoptant : « des personnages surnaturels, ou au moins romantiques, faisant naître en chacun de nous un intérêt humain et un semblant de vérité suffisants pour accorder, pour un moment, à ces fruits de l’imagination cette suspension consentie de l’incrédulité, qui constitue la foi poétique. »

Il est libre, Max !

23 août 2011

Max KARKEGI nous a quittés brutalement le samedi 20 août 2011, nous laissant orphelins de sa généreuse érudition, de sa gentillesse indéfectible, de ses enthousiasmes joyeux, de son humour toujours respectueux, de son tact impeccable, de sa spiritualité dans tous les sens du terme… Le parfait « honnête homme » !

J’avais rencontré Max en 2007, dans sa grande maison-bibliothèque de Vitré. Nous échangeâmes autour de Gabriel Dardaud, redécouvreur de Zarafa dans les années 50, et j’eus aussitôt l’impression d’entrer dans une grande famille de cœur. La correspondance passionnée qui s’ensuivit  fut une des sources vitales qui alimentèrent mon livre sur la première girafe de France.

Dans mes courriels, je l’appelais « Maxi Max » car il faisait toujours le maximum pour satisfaire une demande amicale. Il me répondait en signant « votre Très Humble et très Obéissant Serviteur » avec son adorable courtoisie, espiègle et surannée. Peu de questions, quel que fût le sujet, pouvaient prendre à défaut son immense érudition. Sa précieuse collection de livres et de documents devrait être accueillie par la Bibliothèque Nationale. Ce trésor inestimable ne sera pas perdu pour les futurs chercheurs. Il avait déjà créé un site remarquable sur l’Egypte de ses tendres années : l’Egypte d’antan et publié récemment un remarquable ouvrage sur le sujet : L’Egypte d’hier en couleurs (éd. Chêne, 2008).

Ce merveilleux homme restera irremplaçable. Je n’ai qu’un regret, celui de ne pas avoir eu la chance de le connaître  plus tôt. Que son épouse, Magdeleine, accepte nos chaleureuses pensées. Et vous, cher Max, reposez, selon votre souhait, dans la paix et la joie éternelles !

Calligraphie

5 juillet 2011

Voici la calligraphie de la Girafe, dessinée par Ahmad Dari, extraite de son beau livre « L’Oasis des mots : les mots arabes dans la langue française« . Diplomate et artiste palestinien, il est l’un des plus grands calligraphes arabes vivant en France.

Ce qui me permet de vous renvoyer aussi vers un splendide article, rédigé par Emmanuelle Marchal pour le magazine internet Circum al-dunya et entièrement consacré à notre animal-totem, dans toute sa richesse historique et artistique, passée et moderne. Zarafa y incarne au plus haut point cette passerelle entre l’Orient et l’Occident.

Dans ce contexte de réveil démocratique chez nos voisins du sud, je n’ai qu’un mot, celui de Soeur Emmanuelle (une autre Emmanuelle) : yallah !

Sophie a 50 ans !

20 juin 2011

Sophie s’émancipe… à 50 ans ! Pour son demi-centenaire, la fameuse girafe qui fait pouêt-pouêt et sent bon le caoutchouc s’est offerte les services de grands créateurs (Escada, Kenzo Takada, Swarovski, Franck Sorbier, Chantal Thomass, Fifi Chachnil, Lolita Lempicka et bien d’autres..) pour un relooking qu’on n’est pas obligé de trouver toujours du meilleur goût. L’essentiel n’est pas là.  Lors d’une vente aux enchères organisée le 25 mai dernier, elle a rapporté des fonds à la fondation Gustave Roussy pour la lutte contre le cancer. Une générosité toute zarafique !

70 oeuvres, d’inconnus et des célébrités, sont visibles en ligne ici.

Avec un ou deux « f »

10 avril 2011

En 1829, dans une « Dissertation sur l’Etymologie » en préambule au Dictionnaire de B. de Roquefort, Jacques-Joseph Champollion-Figeac, le frère aîné du célèbre traducteur des hiérogyphes égyptiens, écrit que le mot giraffe « est arrivé tout fait dans le françois; c’est le mot zoraféh, et l’on peut s’en tenir à la seule énonciation de cette origine. Si l’on veut cependant remonter plus haut, on peut considérer que les syllabes de ce mot n’ont, en arabe, aucun sens analogue à ce quadrupède, et l’explication qu’en donnent les lexiques est tout-à-fait arbitraire. On en conclut tout naturellement que la langue arabe aussi a reçu ce mot tout fait d’un autre idiome. Si l’on s’avance dans cette recherche, on trouve que le mot égyptien soraphé est composé de deux racines qui signifient rigoureusement long col ou tête allongeé, et tel est le caractère éminent de la giraffe. Ce mot est donc d’origine égyptienne, et la giraffe, en effet, venue des contrées au midi de l’Egypte, et qui n’a pu être connue des Arabes que par les Egyptiens, est plusieurs fois figurée sur leurs anciens monumens, non seulement de sculpture, mais encore dans les peintures de manuscrits; et ce fait n’est pas indifférent pour justifier l’étymologie du nom françois de ce singulier quadrupède. »

Je note personnellement que la première girafe d’Europe fut florentine, chez Laurent de Médicis au XVe siècle, et que les deux f de la terminologie italienne giraffa semble avoir alors prévalu. Puis, nos Académiciens durent jugés le redoublement de la consonne incompatible avec l’orthographe française. Cette simplification orthographique semble contemporaine de notre premier exemplaire vivant, puisque giraffe et girafe cohabitent d’un auteur à l’autre en ce premier quart du XIXe siècle. Les langues anglaise et allemande, plus respectueuses du mot-source, ont toujours conservé les deux f.

LA SECTION FRANÇAISE présidée par O. Lebleu

Olivier Lebleu

Les avatars de zarafa